Le Syndrome d'Apnées du Sommeil (SAS) : Un danger invisible
Le Syndrome d'Apnées-Hypopnées Obstructives du Sommeil (SAHOS) est une pathologie respiratoire nocturne très fréquente, mais malheureusement largement sous-diagnostiquée. Il se caractérise par des interruptions répétées de la respiration (apnées) ou des diminutions significatives du flux d'air (hypopnées) pendant le sommeil.
Le mécanisme de l'apnée obstructive
Pendant le sommeil, le tonus musculaire de l'ensemble du corps diminue. Chez les personnes atteintes de SAHOS, ce relâchement musculaire au niveau des voies aériennes supérieures (la gorge, le voile du palais, la base de la langue) entraîne un affaissement des tissus. L'air ne peut plus passer (ou passe très difficilement) vers les poumons, bien que la personne continue de faire des efforts respiratoires. Le cerveau, alerté par la baisse du taux d'oxygène dans le sang, provoque alors un "micro-éveil" pour redonner du tonus aux muscles respiratoires et libérer le passage de l'air. Ce cycle peut se répéter des dizaines, voire des centaines de fois par nuit.
Les symptômes : Comment la reconnaître ?
Le patient n'est généralement pas conscient de ces micro-éveils. Ce sont souvent les proches (le conjoint) qui donnent l'alerte. Les symptômes se divisent entre la nuit et le jour.
La nuit
- Ronflements sonores et irréguliers : C'est le symptôme le plus fréquent (bien que tous les ronfleurs ne fassent pas d'apnées).
- Pauses respiratoires constatées : Le conjoint observe que la personne "arrête de respirer", souvent suivi d'une reprise de respiration bruyante (sorte de halètement ou d'étouffement).
- Nycturie : Le besoin de se lever plusieurs fois par nuit pour uriner (la pression intra-thoracique due aux efforts respiratoires agit sur le cœur, qui libère une hormone favorisant la production d'urine).
- Sueurs nocturnes et réveils en sursaut.
Le jour
- Somnolence diurne excessive : Le sommeil étant constamment fragmenté par les micro-éveils, il perd toute son efficacité réparatrice (le sommeil profond est souvent aboli). Le patient ressent une fatigue intense et s'endort facilement en journée (devant la télé, en lisant, et de façon très dangereuse au volant).
- Maux de tête matinaux.
- Troubles de la concentration, de la mémoire et irritabilité.
Les conséquences sur la santé (Pourquoi c'est dangereux)
Non traité, le SAS n'est pas seulement un problème de fatigue. C'est un facteur de risque majeur pour le système cardiovasculaire. Les baisses répétées d'oxygène et le stress lié aux micro-éveils sollicitent intensément le cœur. À long terme, le SAS favorise l'hypertension artérielle, les troubles du rythme cardiaque (arythmies), augmente le risque d'infarctus du myocarde et d'Accident Vasculaire Cérébral (AVC). Il est également lié à l'aggravation du diabète de type 2.
Le diagnostic et les traitements
Le diagnostic de certitude se pose par un enregistrement du sommeil (polygraphie ventilatoire à domicile ou polysomnographie en clinique) qui comptera le nombre d'apnées/hypopnées par heure de sommeil (l'Index d'Apnées-Hypopnées ou IAH).
Les traitements dépendent de la sévérité :
- La Pression Positive Continue (PPC) : C'est le traitement de référence pour les SAS modérés à sévères. Il s'agit d'un petit appareil qui insuffle de l'air ambiant sous pression via un masque porté sur le nez (ou le nez et la bouche) pour maintenir les voies aériennes ouvertes.
- L'Orthèse d'Avancée Mandibulaire (OAM) : Pour les SAS légers à modérés, cet appareil dentaire sur-mesure avance légèrement la mâchoire inférieure pendant la nuit, dégageant ainsi l'arrière de la gorge.
- Mesures hygiéno-diététiques : La perte de poids (l'obésité étant le principal facteur de risque), l'arrêt de l'alcool et des sédatifs le soir, et parfois le fait d'éviter de dormir sur le dos (traitement positionnel).